31 janvier 2011

" Penser c'est dire NON"

« Penser c’est dire non…………Non à quoi ? Au Monde, au Tyran, au Prêcheur ? Ce n’est que l’apparence. En tous ces cas-là c’est à elle-même que la pensée dit non. Elle rompt avec l’heureux acquiescement. Elle se prépare elle-même. Elle combat contre elle-même……. Ce qui fait que le Monde me trompe par ses perspectives, ses choses détournées, ses brouillards, c’est que je consens, c’est que je ne cherche  pas autre chose. Et ce qui fait que le Tyran est maître de moi, c’est que je respecte au lieu d’examiner. Même une doctrine vraie, elle tombe faux par cette somnolence.  C’est par croire que les hommes sont des esclaves. Réfléchir, c’est nier ce que l’on croit. »

Ainsi parle Alain.

Faut-il que moi aussi, à l’heure de la sieste, je tombe dans cette somnolence, que j’acquiesce mollement à tous les convenus rabâchés de Démocraties idylliques qui font les hommes libres et souverains ? C’est si facile de croire ces Femmes et ces Hommes politiques de France (et d’ailleurs) qui, captifs  de leur propre intérêt,  rabâchent un eudémonisme  de bazar selon lequel il suffit  de la moitié plus un pour acquérir le droit de diriger les autres. Ainsi naquit la théorie Démocratique, pur artefact, puisqu’elle  prétend tirer de la Majorité une juste Raison. Je ne dis pas, puisqu’il faut bien se mettre sous le joug, que celui-ci ne vaut pas mieux qu’un autre mais, pour autant,  qu’on ne me demande pas de l’encenser. 

 Faut-il faire croire à ces jeunes Egyptiens ou Tunisiens diplômés que la liberté de vote, d’opinion, de médias, d’expression, va automatiquement changer leur vie de tous les jours dans ce qu’elle a de plus trivial, de plus concret, de plus vital,  comme trouver un bon emploi par exemple ?

 Faut-il continuer à tromper les jeunes Français en disant que les études donnent, ipso-facto,   droit à une place  conforme à leurs mérites dans une société  où les écarts inégalitaires  ne cessent de croitre ?

 Moi je dis non,  car cette négation amène à voir en face la vérité qu’après une génération qui s’est déchirée dans les guerres, la nôtre s’est vautrée dans la facilité d’un confort gaspilleur qui laisse aux jeunes une dette sans précédent  et pis encore, une planète ravagée.  

 Derrière les leurres de beaux sentiments et de slogans trompeurs les Démocraties cachent  bien le prurit des inégalités et la misère de millions de laissés pour compte, pour le moment (encore) assoupis  par les  promesses électorales de printemps à venir.

 

 

 

 

 

 

Posté par Anarchaste à 19:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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