01 décembre 2011

" Nous sommes condamnés" dit M. Raffarin...

Ce matin sur la 2 M. Raffarin a dit : «Nous sommes condamnés à nous entendre avec l’Allemagne »

 L’histoire est décidément bien volage puisque, hier encore, on vomissait  ceux qui, en d’autres temps,  avaient tenus de tels propos. Mais honni soit qui mal y pense. Le rapprochement serait inconvenant et mal venu.

 Encore faut-il savoir à quoi nous sommes condamnés.

Condamnés, d’abord,  à subir une pression psychologique, avec ou sans  accent teuton,  qui consiste à nous faire remontrance  de notre blâmable tendance à produire de l’énergie par fission nucléaire.

ACH ! Voilà une coupable manie cochonne que nous devrons abandonner bien vite si l’on veut rester  bons amis.

Sur ce point, et malgré les bémols de M. Hollande, notre mea-culpa est en bonne voie car  le Parti Socialiste est déjà converti. Sans doute le  Gazprom   (si Allemand, très  Schröder, si Merkel)  des Russes en sera-t-il  favorisé. La dépendance de l’Europe aux énergies de l’Est est en bonne voie. La nôtre aussi avec en prime un coût plus élevé et des accroissements d’effets de serre.

 Condamnés  ensuite à supporter un chômage élevé. Du fait du  déficit chronique de notre balance Commerciale.  Du fait d’un Euro trop fort mais qui convient  aux Allemands. Après avoir, depuis de longues années, prêté la main à l’éradication de  nos petites et  moyennes entreprises industrielles, (consciencieusement orchestrée par  les instances européennes), après avoir  négligé les moyennes intelligences au profit des cerveaux puissants, est venu le temps du Cac40 et des externalisations.  Venu aussi  celui des dettes pour booster la consommation et apaiser les tensions sociales.

 Condamnés aussi, faute de sursaut industriel,  faute d’un Euro compétitif,  à faire supporter aux basses classes  le nécessaire redressement financier. Ce qui (en passant sur le côté moral qui, comme en Grèce, n’interpelle personne)  va entrainer  une baisse de croissance du fait que notre économie est surtout basée sur la consommation.

 Comme le dit M. Raffarin, Le Président  Sarkozy est persuadé que la France  est condamnée à s’entendre  avec L’Allemagne…M. Hollande sera-t-il assez fort pour leur dire entre quatre yeux :

Nous voulons nous entendre avec vous mais nous ne voulons pas être «condamnés»  à le faire. 

 Nous voulons notre indépendance énergétique sans Gazprom ni effets de serre.

Nous voulons revenir sur la scène du marché industriel.

Nous voulons une BCE  indépendante sous réserve qu’elle serve les intérêts de l’Europe plutôt que ceux de l’Allemagne.

Nous voulons qu’elle intervienne  directement et rapidement  pour calmer l’incendie et faire d’une pierre deux coups : réduire les dettes et ramener l’Euro à parité du Dollar (référence Mondiale)

 Nous voulons l’intérêt de la France avant tout... Faut-il s’en excuser ?

 

Posté par Anarchaste à 13:01 - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires sur " Nous sommes condamnés" dit M. Raffarin...

    Il y aura un accord avec les allemands s'il n'est pas à n'importe quel prix. Pour le moment la faiblesse des autres européens leur donne le beau rôle, et conforte leur amour propre. Mais ils ont quand même besoin d'une Europe "à l'aise" (prospère, on verra plus tard).
    La volonté de réussir l'Union Européenne, de sauver l'oeuvre cinquantenaire, l'emporte sur la tentation de jeter l'éponge. L'Allemagne et les allemands ont tort de maintenir cette tension(voir l'article d'Élie Cohen sur telos-eu.com)

    Posté par Sceptique, 01 décembre 2011 à 18:11 | | Répondre
  • Merci

    J’adhère à votre analyse (que je trouve remarquable)…Sans doute en sera-t-il ainsi, mais quand ?
    Pour le moment la bombe de la dette n’a pas vraiment explosé. Nous compensons encore nos déficits en empruntant assez facilement sur le marché à raison de plus d’un million d’euros par heure.

    Posté par penda, 02 décembre 2011 à 08:30 | | Répondre
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