12 décembre 2011

Poker menteur...

«Encore cinquante centimes et j’commence le travail» On connait ce vieux truc de bateleur qui consiste, sur la seule foi de la promesse d’un tour extraordinaire, à récolter de l’argent sans jamais l’exécuter.  

 De sommets en sommets (de la dernière chance),  l’Europe fait de même avec  ses prêteurs. 

Cette fois, c’est juré promis, on va faire un nouveau  traité :

«Outre des sanctions presque automatiques en cas de dérapage des finances publiques et des "règles d'or" imposant le retour à un quasi-équilibre budgétaire, il est prévu un droit d'intrusion européen accru dans la préparation des budgets nationaux. Des pays bénéficiant d'une aide extérieure, comme la Grèce ou l'Irlande aujourd'hui, pourront en outre être placés sous tutelle européenne.»

On note que les sanctions «presque automatiques et les «quasi-équilibres » budgétaires  ne  sont  crédibles qu’à condition d’admettre qu’une porte puisse être autre chose qu’ouverte ou fermée.  Passons…

Traité, quel traité ? M. Hollande ayant, d’ores et déjà,  déclaré que, s’il était élu, une nouvelle négociation serait mise en œuvre,  il est impossible  de considérer quoique ce soit comme acquis avant Mai 2012.

 En vérité, les créanciers se prêtent volontiers à ce jeu de dupes et ce pour trois raisons essentielles :

1)      Ils ont  d’énormes masses d’argent à investir  et  veulent croire que l’Europe reste un bon refuge, d’autant que tout est à craindre des Etats-Unis.

2)      Jusqu’à présent  il n’y a pas de réelle faillite d’Etats  et l’Europe garde de bonnes  garanties de solvabilités sous  réserve   de resserrer le kiki des populations laborieuses.

3)      La crise, dite de l’Euro, leur  permet d’augmenter les Agios.

 Ceci étant, d’ici à quelques temps,  nous verrons les vrais problèmes ressurgir :

-Même si les Peuples acceptent de perdre leurs Souverainetés et leurs  réels pouvoirs Démocratiques. (Ceux qui s’y opposent font rire puisque c’est déjà fait)

-Même si, pour cette fois, les Pays appliquent des règles qui étaient déjà inscrites dans le traité de Maastricht et qu’ils ont allègrement bafouées…Allemagne compris… Cela ne changera rien au fond du problème qui est d’articuler des économies différentes avec une monnaie unique.

Peut-on, sérieusement, dire que la Finlande,  tirant sa prospérité de l’or noir (140000 baril exportés par jour)  ou l’Allemagne qui a une balance commerciale excédentaire et un chômage médian ont les mêmes critères  économiques que la France avec son déficit commercial chronique et son chômage excessif ? 

 Peut-on comparer  le Luxembourg qui, grâce à son activité bancaire est l’un des Pays les plus riches de la planète et la Grèce,  soumise pourtant à la même valeur de change ? Certes non.

 Cela induit  qu’à défaut d’une monnaie distincte pour chaque Pays,  seuls  les salaires et des pouvoirs d’achat différents  sont susceptibles de compenser les disparités.

 L’Europe  s’est construite sur  le pari d’un  dissensus  économique sans fédéralisme (que l’avenir dira génial ou  imbécile)  et n’a, en fait, pour le tenir,  que deux solutions :

Soit les Pays riches paient pour les pauvres.

Soit les Pays plus pauvres mettent leurs populations les moins riches à la portion congrue.

N’est-ce pas ce qui se passe actuellement en Grèce, en Espagne, en Italie, Au Portugal ?

Si rien ne change dans le principe même du fonctionnement Européen,  c’est aussi  cela qui attend la France dès fin 2012… Quel que soit son Président.

 

 

 

 

 

Posté par Anarchaste à 15:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Commentaires sur Poker menteur...

Nouveau commentaire